LE MOYEN-ORIENT, UNE REGION STRATEGIQUE A L’ECHELLE INTERNATIONALE

Proposition de corrigé de l’analyse de document.

Eisenhower est un président américain élu sous la bannière républicaine en 1952 et réélu en 1956. Suite à cette réélection, il s’adresse comme tous les ans en janvier au Congrès dans un discours sur « l’état de la nation ». Dans l’extrait étudié, il aborde la position de son pays sur la question du Moyen-Orient.

Á partir de ce document nous étudierons pourquoi le Moyen-Orient apparaît comme une région stratégique à l’échelle internationale.

Il convient d’abord d’en mesurer les enjeux économiques, politiques et religieux puis de comprendre pourquoi l’interventionnisme des États-Unis s’est accru dans cette région après 1957.

 

Le Moyen-Orient est une région stratégique à plusieurs titres.

La région abrite de nombreux Lieux saints ; en effet, « Le Moyen-Orient est le berceau des trois grandes religions mahométane, chrétienne et judaïque. La Mecque et Jérusalem sont autre chose que des lieux géographiques ». Ainsi, Jérusalem est dite « trois fois sainte » car elle appartient au patrimoine des trois monothéismes : centre spirituel et foyer religieux pour le judaïsme avec le mur Occidental ; lieu de la Passion de Jésus pour le christianisme et pour l’islam, Jérusalem serait l’endroit où la tradition localise les songes de Mahomet. La Mecque et Médine jouent un rôle essentiel autour des combats de Mahomet pour imposer l’islam dans la péninsule arabique.

Les enjeux politiques dans la région s’articulent autour de rivalités de puissances dans le cadre de la Guerre froide. Au nom des États-Unis, Eisenhower s’appuie sur la menace que représente le « matérialisme athée » de l’URSS pour combattre son influence au Moyen-Orient. La signature du Pacte de Bagdad en 1955 sous l’impulsion des États-Unis est clairement tournée contre cette puissance rivale. En 1956, lors de la crise de Suez, la volonté de ces deux superpuissances d’étendre leur influence au Moyen-Orient les pousse à faire pression sur la France et la Grande-Bretagne pour qu’elles mettent un terme à leurs interventions militaires.

Les enjeux économiques sont tels que la région attise la convoitise des puissances occidentales attirées par les «gisements de pétrole ». Dès le début du XXe siècle, les Britanniques obtiennent des droits d’exploitation en Iran, Irak, puis dans les Émirats du Golfe persique. Les Américains commencent à s’intéresser à la région après 1945, notamment en Arabie saoudite. Leur politique repose sur deux axes : contrôler la mise en valeur de la production pétrolière du Proche-Orient et préserver les droits de concession des Américains. Cette exploitation se fait par le biais des Majors qui prennent des participations majoritaires dans les sociétés pétrolières et obtiennent des concessions dans la région, en échange de royalties. Jusque dans les années 1970, alors que la production du Proche et du Moyen-Orient représente 37 % de la production mondiale, ces sociétés d’exploitation sont principalement américaines (Standard Oil, Texaco, Mobil) ou européennes (British Petroleum, Royal Dutch Shell). Ces intérêts contribuent à créer des tensions au Moyen-Orient. Ainsi en Iran, alors que les concessions pétrolières étaient exploitées par l’Anglo-Iranian Company, dont le principal actionnaire était l’État britannique, le Shah décide en 1951 de nationaliser toute l’industrie pétrolière et Mossadegh, qui a joué un rôle-clé dans cette mesure, devient Premier ministre. Deux ans plus tard, les services secrets américains et britanniques appuient un coup d’État qui le renverse.

 

La doctrine Eisenhower se situe dans le prolongement de la doctrine Truman. En effet, les « programmes d’assistance militaire et de coopération » rappellent le soutien économique et financier que Truman jugeait indispensable à la stabilité économique et politique des pays européens libérés du joug nazi mais détruits et ruinés. En 1945, les États-Unis mobilisent leurs dollars et leur armée pour assurer leur redressement par le plan Marshall et le pacte Atlantique. Mais l’interventionnisme américain répond aussi à une politique de puissance qui ne prend pas en compte uniquement les intérêts des États ou des populations de cette région. Il s’agit de s’assurer une présence politique dans une région qui est aussi convoitée par l’URSS, l’autre superpuissance de cette période. Il répond aussi au souci économique de s’approvisionner en pétrole.

C’est pourquoi, après la crise de Suez en 1956, qui montre l’intérêt stratégique du canal et le danger d’une prise de contrôle de celui-ci par des alliés de l’URSS (en l’occurrence ici l’Égypte de Nasser), les États-Unis décident de renforcer leur intervention au Moyen-Orient. Lors des guerres israélo-arabes de 1967 et 1973, ils soutiennent Israël, alors que l’URSS livre des armes aux États arabes de la région. En 1979, la Guerre froide gagne l’Afghanistan, où les Soviétiques interviennent militairement pour soutenir un régime prosoviétique installé à Kaboul, contre des moudjahidines montagnards, armés par les États-Unis. Enfin, le contrôle des ressources pétrolières jouent un rôle essentiel dans les interventions américaines lors des deux guerres du Golfe (1991 et 2003).

 

Ainsi le Moyen-Orient est bien pour les Etats-Unis une région stratégique, aux enjeux multiples, qui suscite une attention particulière jusqu’à nos jours.

 

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